19 octobre 2009
Au feu !
Diwali, plus connue sous le sobriquet de Fête des Lumières, est aussi le nouvel an indien. Qui dit nouvel an, dit aussi bonnes résolutions. Pour ma part, j'ai décidé de prendre soin de moi et de (re)devenir l'athlète que j'ai toujours été... en rêve.
Trêve de plaisanterie, me voici motivé à suer sang et eaux sur un court de tennis pour éliminer les quelques grammes superflus, fruits injustes d'abus de Murgh Makhani et de Gulab Jamun. En cette fin de journée, je me dirige donc vers "The Club" où je suis inscris depuis deux ans, sans y avoir presque jamais mis les pieds. Après avoir retiré les toiles d'araignées de ma carte de membre, je franchis le porche du bâtiment principal et me rends sur les courts, sous les détonations incessantes des pétards qui accompagnent les festivités de Diwali.
Ici, pas de réservation. Premier arrivé, premier servi. Heureusement, les sessions sont courtes et personne ne joue vraiment plus de trente minutes. Les membres ne sont pas très sportifs et la chaleur n'incite pas non plus à courir pendant des heures. L'organisation est parfaite. Un coach est mis à ma disposition, ainsi qu'un ramasseur de balles. Le luxe !
Alors que nous échangeons nos premières balles, le bruit des feux d'artifices s'amplifie. Il est assez surréaliste de jouer alors que le ciel s'emplit de feux multicolores... et encore plus difficile de se concentrer sur la balle.
Les fusées partent en tous sens, sans aucun contrôle et l'inévitable se produit. Un pétard frappe le toit du club house. Précisons immédiatement que le-dit toit est composé d'une armature en bambous et de feuilles de palmiers hautement inflammables... En quelques instants, le tout s'embrase dans des flammes rouges du plus bel effet. Autour du lieu, on assiste à une désorganisation totale et cocasse. Certains continuent à jouer, d'autres courent en tous sens, les gardes viennent et repartent... mais surtout personne n'appelle les pompiers ! Enfin, un ramasseur de balles saisit le seul extincteur proche du sinistre et actionne la gâchette. Je ne crois pas avoir jamais entendu un extincteur faire un tel bruit. Disons, pour faire simple, que le son se rapprochait du cri d'un Tyrannosaure femelle au moment où elle découvre qu'elle a les six bons numéros de la loterie nationale. Vous l'aurez compris, c'est un son assez unique et c'est bruyant. Par contre, coté efficacité, ce fut un zéro pointé, puisque seul un minuscule filet de poudre sortit de l'ustensile.
Enfin, d'autres employés du club arrivent, munis d'autres extincteurs, en état de fonctionner cette fois. Le feu fut maitrisé en presque 30 minutes. A tout hasard j'interroge l'un des joueurs sur l'absence des pompiers... qui me confirme leur inutilité totale. Voila qui rassure. Il faudra que je fasse gaffe lors de mon prochain barbecue sur la terrasse !
Road trip
A entendre les propos sarcastiques, et j'aime à le penser envieux, de mes collègues de bureau, mes escapades "Enfieldiennes" de fin de semaine ne laissent personne indifférent. Un tantinet Artaban à mes heures, je pense même que mes récits de road trip autour de Mumbai sont les perles du lundi matin autour de la machine à café. Cela ne coûte de rien d'y croire...
Dernière ballade en date, presque 300 kilomètres vers le sud, direction les montagnes de Mahabaleshwar et leurs lacs enchanteurs. Pour ceux que le trajet tenterait à la lecture de ces lignes, prenez la route de Goa en sortant de Mumbai par Panvel. Ensuite c'est tout droit pendant 200 kilomètres avant un gauche serré pour débuter l'ascension vers les nuages.
Que retenir de ce voyage ? Le site est vraiment sympathique, et la montée à moto sur des routes étonnantes est inoubliable... tout autant le sont les camions à contre-sens, les trous dans la chaussée, les vaches au détour des virages et les nuages à traverser. En effet, Mahabaleshwar est au dessus de la couche nuageuse. La sensation de traverser les cumulus est magique, tout comme celle d'atteindre le sommet et découvrir la vue splendide sur cette mer de coton.
L'hôtel ne mérite pas d'être cité si ce n'est pour vous encourager à l'éviter. Pendant le weekend, beaucoup de touristes se pressent autour des différents points de vue qu'offre la ville. Franchement, c'est un agréable voyage hors des troubles de mégacity. A faire absolument à moto, si vous n'êtes pas cardiaque, bien assurés, un peu suicidaire et dénué du plus simple bon sens. Le gros bénéfice du voyage est qu'au retour on apprécie d'être vivant.
25 septembre 2009
7-0
Pour terminer notre épisode sur les envahissants muridés, le score s'établit désormais à 7-0 en faveur de l'homo sapiens. En effet, à force de ruses et de trappes diverses, ce sont à ce jour 7 rats (!) qui ont été piégés par l'intelligence de Pat et de votre serviteur.
Toutes blagues mises a part, j'en ai vraiment ras la casquette de cette invasion de rongeurs. Place aux grands moyens, je fais appel à une société de dératisation, en espérant qu'ils ne viennent pas avec des lances flammes... je ne suis pas sûr que mon canapé y résiste !
08 septembre 2009
Division du travail
Avec l'ouverture du pont Rajiv Gandhi entre Bandra et Worli, occasion nous est donnée d'analyser à quel point la division du travail est poussée en Inde.
Cédant aux impératifs économiques, le trajet sur l'ouvrage est payant. A la guérite du péage à laquelle je m'arrête, ce sont trois fonctionnaires zélés qui travaillent.
Le premier se tient debout à l'extérieur de la cabine. Son rôle, complexe et hautement intellectuel, consiste à prendre la monnaie tendue par le chauffeur et lui échanger un reçu.
Dans l'exigüe cabine, deux hommes se partagent l'espace. Un premier employé reçoit l'argent et le compte. C'est lui le savant du groupe. Il tend ensuite le reçu à l'homme situé à l'extérieur. Un second personnage sied en ce lieu, dont la tâche consiste à tamponner chaque reçu de la date du jour, et de transmettre le précieux document à son collègue assis devant lui.
Évidemment, on aurait pu aussi imaginer un seul employé dans la cabine, comme c'est le cas en Europe... mais c'eut été beaucoup trop simple. Cela dit, nous pouvons également voir les choses sous un angle plus positif. Ce sont ainsi trois salaires qui sont payés et probablement trois familles qui en vivent.
Rattitude
De retour de congés bien mérités (si, si...), je retrouve Mumbai et mon appartement tels que je les ai quittés. La mousson est toujours intense et peinture d'un gris tantôt léger, tantôt profond, le ciel de la cité. Mon logement, de son coté, reste aussi peu étanche que la saison dernière, malgré le nombre impressionnant d'ouvriers qui se sont succédés en mon absence pour "réparer' les dégâts des eaux.
Je m'enquière auprès de Pat des dernières nouvelles et elle m'apprend que le rat, sujet de ma précédente bafouille, n'était finalement pas seul mais avait sa petite famille avec lui. Pendant les dernières semaines ce sont quatre rongeurs qui ont été piégés par leur gourmandise dans la cage prévue à cet effet. Pat, confiante, me confirme que le problème est réglé. 
Tranquillement assis sur mon canapé hier soir, je m'occupe à déchiffrer les difficiles structures de phrases du dernier Marc Levy comparées à mes lectures habituelles de bibliothèque rose. Je savoure ma soirée en alternant chaque page d'une levée de coude habile pour porter mon verre de Sula à mes lèvres. Soudain, une ombre passe en courant le long du mur, s'arrête, me fixe de deux yeux noirs frondeurs et file comme l'éclair vers la terrasse. Il semblerait que Pat ait tort... la famille était plus nombreuse que prévu.
Je mets rapidement en place la trappe dans le salon et l'agrémente d'un morceau de gâteau au chocolat, reste improbable de mon diner précèdent. Au matin, l'animal est prisonnier, et je ne peux m'empêcher un sourire de satisfaction. Afin d'immortaliser la victoire éclatante de l'homme moderne sur le monde animal, je saisis mon appareil photographique et m'approche de la cage. Le muridé est dans un état de panique avancé et s'agite en tous sens. Alors que je presse le déclencheur, le flash effraie un peu plus la bête qui se jette sur le coin de la cage. Fait incroyable, la trappe du piège cède sous la pression des mouvements de terreur, et le rat parvient à s'évader sous mes yeux ahuris.
Au final, la photo est ratée, le rat est libre, la cage hors service... et l'homme moderne vexé comme un pou. Je l'aurai ce rat, je l'aurai !




